Le fist anal ou vaginal est une pratique qui fascine autant qu’elle intimide. Issue des milieux gays et BDSM, elle tend aujourd’hui à se démocratiser chez un plus large public de curieux. Au-delà de l’acte physique extrême, on découvre une pratique exigeante, qui favorise un profond sentiment d’intimité. Toutefois, prudence ! Le fisting, ce n’est pas sans risque. On vous explique ici tout ce qu’il faut savoir sur comment faire un fist de manière sûre et agréable pour chaque partenaire.
Qu’est-ce que le fisting ?
« Fist », en anglais, signifie « poing ». Le fist, ou fisting, consiste à insérer son poing (et plus si affinités) dans l’anus ou le vagin de son ou sa partenaire. On parle ainsi de fist anal ou de fist vaginal.
À l’origine, cette pratique fut popularisée au sein de la communauté gay dans les années 70. Elle est revendiquée dans de nombreux clubs libertins qui organisent des soirées pour ses pratiquants.
C’est une pratique sexuelle considérée comme assez confidentielle et extrême, qui fait partie des pratiques BDSM.
Le fisting est-il adapté à tous ?
Tout dépend des morphologies. Certaines personnes peuvent recevoir un fist jusqu’au coude. D’autres rencontrent des difficultés avec le poing seul. Cela dépend aussi du volume que représente le poing : le bassin peut être trop étroit pour la main du fisteur.
Cependant, un anus ou un vagin en bonne santé a la capacité de s’étirer suffisamment pour recevoir une main de taille moyenne… Rappelez-vous toutefois que le sexe n’est pas une compétition !
Le fist présente-t-il des risques ?
Le fist anal comme vaginal est une pratique sexuelle exigeante, qui n’est pas sans risque pour la santé du receveur ni même du donneur.
D’une part, les muqueuses sont une zone très innervée, qui peut saigner très facilement et se déchirer. La cicatrisation y est de surcroît difficile et une blessure ouvre la porte à de nombreuses infections et bactéries.
D’autre part, le risque de transmission de MST et IST entre les pratiquants est faible, mais pas inexistant. Des microcoupures au niveau des doigts ou des mains peuvent suffire. Il est donc indispensable de respecter des règles scrupuleuses d’hygiène et de sécurité.
Comment se préparer pour faire un fist anal ?
Parce que la pratique est extrême et présente des risques, quelques règles sont à respecter. Voici comment se préparer pour pratiquer le fist.
Préparation des ongles, mains et avant-bras du fisteur
Il est important que le fisteur prépare méticuleusement ses mains. Et bien sûr, retire ses bijoux, comme les bagues ou les bracelets.
Les ongles doivent être coupés et limés à raz, de préférence depuis la veille. Cela donne le temps aux micro-blessures au niveau des doigts de se refermer. Les ongles doivent être doux et ne pas accrocher.
Plus généralement, les doigts, les mains et les avant-bras ne doivent pas présenter de micro-blessure. Pour les détecter, on peut se badigeonner la peau d’alcool ou d’eau oxygénée. Si on ressent de petites piqûres, alors il y a risque de transmission de MST/IST : portez impérativement des gants.
Quel matériel à prévoir pour la séance de fist ?
Pour faire un fist anal dans les meilleures conditions, prévoyez tout le matériel nécessaire.
Lubrifiant
Le tout premier élément est aussi le plus indispensable : le lubrifiant.
Un lubrifiant en silicone dure plus longtemps, mais on peut aussi utiliser un lubrifiant à base d’eau, en plus grande quantité. Il existe des marques spécialisées pour les pratiques anales et notamment le fist.
Les amateurs utilisent souvent du Crisco, une graisse végétale particulièrement efficace. Le lubrifiant en poudre J Lube permet quant à lui de produire de grandes quantités de gel.
Quel que soit le produit utilisé, le contenant ne doit être utilisé que pour une seule personne, pour éviter les contaminations croisées.
Gants
Les gants protègent des IST/MST. Ils lissent également parfaitement la main du donneur, ce qui aide à la glisse et protège les muqueuses du fisté.
Les gants en latex chirurgical sont très fins et permettent de conserver une grande partie des sensations. Si vous aimez jouer au docteur, cela donne aussi un petit côté sexy !
Poire à lavement
Pour que les choses restent aussi propres que possible, le receveur doit être allé à la selle au cours des dernières heures. Pour se sentir parfaitement propre, il peut faire un lavement une à deux heures avant.
La poire à lavement n’est pas une étape indispensable, mais elle peut aider à se sentir plus à l’aise.
Protections et nettoyant
Pour limiter les salissures et nettoyer après le jeu, prévoyez quelques indispensables :
- Journaux pour protéger le sol du lubrifiant (et éviter de le transformer en patinoire)
- Papier hygiénique ou mouchoirs pour essuyer
- Sac poubelle ouvert pour jeter les consommables
- Savon ou gel antibactérien pour se nettoyer les mains et le corps après
- Désinfectant pour nettoyer les lieux après
Tout cela devrait vous faciliter la vie !
Alimentation du fisté
Un jour avant le fist, évitez les plats gras qui compliquent la digestion et les épices qui irritent les muqueuses. Privilégiez les légumes frais et les légumes secs qui seront expulsés rapidement.
On conseille de sauter le petit-déjeuner le matin puis de prendre un déjeuner léger (l’idéal : protéines et riz complet). Le soir, avant la séance, on préférera des sucres lents.
Après la séance, prévoyez un yaourt pour aider votre flore intestinale à se reconstituer. Le lendemain, continuez d’éviter les épices : votre anus vous en remerciera…
Respect des limites des deux partenaires
Le fist fucking est, nous l’avons dit, une pratique extrême. Il ne faut s’y lancer que si tous les voyants sont au vert :
- Avez-vous vraiment envie de fister ou de vous faire fister ?
- Êtes-vous en suffisamment bonne forme physique et mentale ?
- Êtes-vous sûr·e de ne pas être blessé·e ou malade ?
Il est très important d’être à l’écoute de ses propres ressentis. Ce n’est qu’ainsi que vous mettrez toutes les chances de votre côté pour prendre du plaisir.
11 techniques et conseils pour prendre du plaisir en fisting anal
Prêts à vous lancer ? Ces quelques conseils et techniques devraient vous aider à répondre à toutes vos interrogations sur comment faire un bon fist.
1. Accepter que ce soit une pratique de long terme
Il est très rare que le poing pénètre en entier dès la première fois. Il faut souvent plusieurs tentatives infructueuses avant d’y parvenir.
Souvenez-vous que ce que l’on cherche ici, ce n’est pas la performance, mais la connexion avec son partenaire. La pénétration de plusieurs doigts provoque déjà des sensations extraordinaires !
2. Communiquer et écouter
La connexion avec le partenaire est souvent l’un des aspects les plus importants pour les pratiquants du fist. Lors d’une session, il peut se créer un lien psychique et émotionnel particulièrement troublant.
Chaque petit mouvement de la main du fisteur peut amener plaisir ou douleur. Alors, c’est le fisté qui guide, et pas l’inverse.
Pour cela, la communication et l’écoute sont indispensables : soyez câlins, attentifs, regardez-vous dans les yeux. Parlez avec votre partenaire, écoutez son souffle, sa voix, ses réactions, ses encouragements. Sentez comment son corps tressaille, sentez les contractions ou la détente de ses muscles.
C’est ce qui fait toute la préciosité de cette expérience !
3. Faire de très longs préliminaires
Pour recevoir un fist, il faut être très excité, voire avoir déjà eu un ou plusieurs orgasmes avant.
Alors on ne lésine pas sur les préliminaires : stimulation avec les doigts, avec la bouche, massage prostatique pour les hommes, rapport anal, etc. On peut aussi utiliser des toys, comme un gode ou un plug.
Bref : ne jamais commencer un fist directement ! Compter toujours au minimum un quart d’heure de jeu avant.
4. Utiliser du lubrifiant en abondance
La cavité anale n’étant pas naturellement lubrifiée, il faut prévoir l’usage de lubrifiant en abondance. Vous pouvez aussi ajouter du gel directement dans l’anus.
La quantité nécessaire peut varier, mais prévoyez un tube ou un pot de 150 grammes pour être sûr de vous.
5. La technique de la main en forme de canard puis de poing
Pour fister, commencez par enfoncer les doigts de la main tous regroupés, formant une tête de canard.
Au début, gardez la paume de la main tournée vers la colonne vertébrale, pour épouser l’anatomie de votre partenaire. Peu à peu, la main se refermera naturellement en poing, et ce n’est qu’à ce moment-là que vous la retournerez.
Le poing enfoncé dans l’anus jusqu’au poignet, l’avant-bras tourné vers soi : voilà la position que vous devez très progressivement viser.
6. Cajoler les muscles pour les convaincre de se relâcher
Pour la pénétration des doigts, massez doucement les muscles de l’anus. Faites de petits mouvements circulaires, étirez délicatement.
Il faut cajoler la zone pour induire de la décontraction : le corps de votre partenaire doit vous faire confiance.
7. La lenteur : la clé du succès
Effectuez toujours des mouvements doux et contrôlés. Progressez millimètre par millimètre, pour entrer comme pour sortir.
Le plus difficile sera le passage des jointures, entre la base des doigts et la paume de la main. La pénétration sera sûrement un peu douloureuse. Mais une fois le poing entré et bien positionné, la douleur laisse peu à peu place au plaisir.
8. Laisser le glissement se faire naturellement
Il est important de ne pas forcer la pénétration. Quand le moment est venu, la main glisse presque automatiquement à l’intérieur. La décontraction des muscles amène cet effet d’absorption.
Encore fois, soyez généreux en lubrifiant et prenez le temps.
9. Prendre des pauses et arrêter quand nécessaire
Convenir d’un mot code pour une pause ou un arrêt peut être une bonne chose : une fois prononcé, le fisteur sait qu’il doit s’arrêter et prendre soin du fisté. Vous pouvez aussi vous accorder sur le fait qu’il ne doit y avoir aucune douleur.
Com-mu-ni-quez. À tout moment. Parlez de vos sensations réciproques, posez-vous mutuellement des questions.
Décider de prendre une pause pour réessayer un peu plus tard peut être la clé de la réussite de la pratique !
Tout le long du fist, le fisteur doit rester très attentif au corps du fisté : en cas de saignement, il faut arrêter immédiatement.
10. Tester plusieurs stimulations
Comme pendant une relation sexuelle plus classique, essayez plusieurs types de stimulations une fois le poing en place. Testez différents mouvements du bras, du poing, du poignet.
Le punch fucking consiste à faire des allers retours avec le poing, de manière plus ou moins rapide et vive. Vous pouvez aussi bouger le poignet pour stimuler les parois anales.
11. Terminer dans la douceur
Il est très important qu’un fist se termine dans la douceur. La pratique est éprouvante pour les deux partenaires : le fisteur doit rester concentré et vigilant, le fisté se laisse emporter très loin par de monumentales vagues de plaisir.
Laissez le partenaire receveur reprendre ses esprits quelques minutes avant de se lever. Il doit revenir à un état physique et émotionnel normal. Soyez tendre et prévenant avec lui : accompagnez-le dans cette redescente.
Restez aussi à ses côtés lors du passage de la position allongée à la position debout : les vertiges sont très probables !
FAQ : Tout ce qu’il faut savoir sur le fist
Quelles sont les positions idéales pour le fisting anal ?
Pour prendre du plaisir dans un fist anal, privilégiez une position sur le dos, les jambes relevées. L’idéal, c’est le sling, la balançoire bien connue des milieux BDSM, avec ses repose-pieds.
On peut aussi se placer à quatre pattes, sur les coudes et les genoux. Mais attention : les muscles de vos cuisses pourraient défaillir sous les sensations fortes.
Quelles sensations procure le fisting ?
Le fist procure des sensations très fortes et très profondes, tant au niveau physique qu’émotionnel.
La sensation de connexion et d’intimité entre partenaires est particulièrement intense. C’est un acte qui demande beaucoup de confiance et d’expression du consentement. De plus, la dimension tabou du fisting ajoute une puissance supplémentaire à l’expérience. Voir sa main disparaître à l’intérieur de son partenaire peut créer une connexion inoubliable.
Ensuite, le poing appuie sur plusieurs zones érogènes, chez l’homme comme chez la femme. On ressent une grande sensation de remplissement et les orgasmes peuvent être très intenses.
Comment se passe l’orgasme pendant le fist ?
Pendant un fist, il arrive que l’orgasme survienne sans prévenir. On peut ressentir un orgasme complet, dans l’ensemble du corps, pendant de longues minutes. Il n’est pas rare que l’homme éjacule ou que la femme squirt.
Le fisté part très loin dans le plaisir et se déconnecte : cet orgasme peut revenir plusieurs fois pendant la séance.
Peut-on se fister seul·e ?
Avec un peu de souplesse et d’entraînement, il est tout à fait possible de s’auto-fister. Ça ne pourra pas être aussi profond, mais cela permet de contrôler pleinement l’action.
L’usage du poppers : est-ce conseillé ?
Utiliser du poppers dans la pratique du fist est possible, mais pas indispensable. On peut le sniffer à la bouteille, ou simplement la laisser ouverte dans la pièce pour en respirer les vapeurs.
Le poppers est connu, notamment dans les milieux gay, pour ses vertus euphorisantes, relaxantes et pour amener à la dilatation des muscles. Il permet à l’anus mais aussi au vagin de se dilater et de se relâcher plus facilement.
Cependant, il peut également y avoir des effets secondaires lors d’une utilisation exagérée : vertiges, maux de tête, vomissements, etc.
Pratiquer le fisting, c’est bien plus qu’une performance physique : c’est une aventure de confiance et de communication, où le plaisir se mêle à l’intimité. Prêts à franchir ce seuil (avec précaution) ?